L’appel au marché implique une réponse en termes de produit. Au stade actuel, il importe d’être conscient qu’Haïti est plus à l’état de ressource, riche certes mais non traitée, que de “produit” directement consommable.

L’étendue de la ressource permet de constituer une palette de produits répondant à des créneaux de demande très diversifiés, du naturel pur (éco-tourisme, découverte marine, sports nautiques, parcs naturels, randonnées…) au culturel pur (histoire, monuments, traditions et croyances, productions artistiques…).

Le produit le plus commercialisable combinera plusieurs motivations dans des circuits de tourisme à thème, circuits articulés avec un séjour de détente balnéaire suivant des modulations variables.

Dans l’immédiat, en produit tropical conventionnel, Haïti n’est pas compétitif avec la concurrence : c’est moins bien et c’est plus cher. Se placer sur le créneau “histoire et culture” n’est donc pas une démarche élitiste, mais un simple réalisme marchand pour ne pas être disqualifié.

A moyen terme, on sera attentif au fait que les investissements qui vont se faire dans l’équipement touristique ne s’amortiront que bien au delà de 2000. Par conséquent, l’offre qui va être mise en place dans les stations balnéaires (les “ressorts”) doit tenir compte de l’évolution du comportement des touristes en vacances. On trouvera dans le rapport principal l’analyse des composantes d’une station balnéaire, cité de loisir où la plage n’est plus la seule justification du séjour.

Outre une présence déterminante sur le marché international matérialisée par les “ressorts”, Haïti peut prétendre s’imposer par trois autres types de produits valorisant pour son image : 

– le tourisme de grande croisière. 19 compagnies de croisière sillonnent actuellement les eaux caraïbes. Haïti n’est ouvert qu’à l’une d’elles, en un seul point d’escale, Labadie, qui ne tourne d’ailleurs pas à plein régime. Ce tourisme ne requiert que des “séquences” très limitées de rivage et sert le pays par l’image d’une capacité de réponse à un marché très sophistiqué, ne demandant qu’un minimum d’infrastructures. Cette escale devrait se prolonger par un court circuit-visite à terre, comme ce fut le cas jadis au Cap-Haïtien.

– le tourisme de petite croisière en voilier. Très développé dans les Petites Antilles. Il l’est moins dans les Grandes. Il s’appuie sur la ressource la moins altérée d’Haïti, les rivages. Quelques initiatives locales encadrées suffisent pour répondre à ce marché.

– le concept de multi-destinations (mixte balnéaire / découverte) qui, par rapport au marché le plus rentable, le marché européen, constitue l’avenir le plus porteur pour la zone caraïbe. Vis-à-vis de ce marché futur, qui regroupe en diverses formules les Grandes Antilles, soulignons le caractère spécifique que doit avoir le partenariat public/privé haïtien: il doit mettre impérativement en évidence les valeurs qui le fondent, histoire et culture. Cela pose l’exigence d’une mise en valeur très qualifiée et présentation très professionnelle des ressources en cause. Cette maîtrise exige une forte discipline des différents intervenants.

Alliance Canado Haitienne Soutien
AMV, Auchan, Carrefour, Conforama, Direct Assurance, eDreams, Generali, Groupon, Ikea, iTunes, Netflix, Opodo, Royal Air Maroc, Ryanair, Samsung, Societe Generale